crépuscule. gris.

le titre est inspiré de marguerite duras.
extrait de
détruire dit-elle.
dans ce livre, on retrouve 3 personnages (puis 4, puis 5).
un lieu, un hôtel à l’orée de la forêt.
la scène est un espace clos où les personnages vont et viennent, où l’un regarde l’un qui regarde l’autre.
sans fin.
- elle (elisabeth alione) lit le même roman depuis huit jours, dit-il. 
même format, même couverture. 
elle doit le commencer, oublier ce qu’elle a lu, recommencer, sans fin. le saviez-vous ?
une série de plans (pour le théâtre, le cinéma).
on pourrait d’ailleurs reprendre plusieurs de ces découpages ou d’extraits de phrases en guise de point de départ.

temps couvert.
nuit.
jour éclatant.
silence. du vent.
crépuscule.gris.
silence.
- peut-être, non, non.
elle cherche, cherche.
...les balles giclent dans un crépuscule liquide, un lac gris.
nuit complète.
- j’habite un pays froid.
silence.
- elle regarde le vide.
longtemps, ils dorment.
- le ciel est un lac gris. regardez.

nous retiendrons aussi cela, le ciel est un lac gris.

dans ces histoires d’espaces, on pense aussi à beckett.

dans
solstice, jeu vidéo développé par nintendo au début des années 90,
un personnage s’embarque dans un labyrinthe d’espaces plateaux à la recherche d’une princesse qu’il doit libérer.
il n’y aura pas la princesse car ce n’est pas d’actualité, mais il y sera question d’espace.
la halle nord sera cet espace.
un espace à entrées multiples, un territoire plus ou moins identifiable, plus ou moins habitable.
un non territoire.
déterritorialisé dit deleuze à propos de kafka.
il (le célibataire de kafka) est le déterritorialisé, celui qui n’a pas de « centre », ni de « grand complexe de possessions » : 
« il n’a de sol que ce qu’il faut à ses deux pieds, de point d’appui que ce que peuvent couvrir ses deux mains, 
donc tellement moins que le trapéziste du music-hall, pour qui on a encore tendu un filet en bas »... 
son voyage est une ligne de fuite, comme celle d’un « girouette dans la montagne ».
mais pour autant, il ne fuit pas le monde, il l’empoigne, et le fait fuir.


générique de l'exposition
crépuscule. gris.
à la halle nord - art en île, genève (suisse), 2009.